...la magie du désert et de ses peuples...
- en 4x4
- à dos de chameau
- en pirogue
- à pied

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SAHARA PASSION |
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Hiba Ag Mohamed |
Suzanne Hofstetter |
P. O. Box 44 |
Gao - Mali |
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LE NOUVELLISTE – LE 25 NOVEMBRE 1998 - MICHEL PICHON
VALAISANNE CHEZ LES TOUAREGS
Pas de vie sans défi permanent pour la Zermattoise Suzanne Hofstetter.
Elle a traversé l'Atlantique et le Pacifique à la voile, gravi l'Aconcagua, franchi les déserts... "Pour moi, l'océan, la montagne et les sables sont des choses très proches, des éléments très forts, qui forgent l'humain en lui révélant sa véritable dimension", philosophe Suzanne Hofstetter. Navigation-passion, évasion-passion, engagement-passion, découverte-passion... la vie de cette Zermattoise infatigable pourrait servir de trame à un roman bourré de souvenirs, pétri d'anecdotes, truffé de portraits, foisonnant de rencontres. Sac au dos, la Valaisanne s'est enfoncée avec autant de bonheur dans l'immense solitude patagonienne que dans les décors grandioses du Népal. Guide de voyage, elle s'est retrouvée au Sinaï, au Rwanda. Employée par le CICR, elle a oeuvré au Sri Lanka, en Somalie et au Mali. Aujourd'hui, elle a jeté l'ancre à Gao, prônant un tourisme authentique respectueux de la culture et de l'identité locale aussi bien que de l'environnement : "Mon but est d'établir un pont culturel entre cette contrée lointaine, enclavée, et le monde occidental", reconnaît la baroudeuse. L'agence de voyages qu'elle a créée, pour ce faire, en compagnie de son ami touareg Hiba Ag Mohamed, n'a pas pour but de faire fortune mais bien de générer ultérieurement la création d'emplois.
CAP SUR LE MONDE
"Dans ma jeunesse (elle rit!), j'ai tout lâché pour la voile!", rappelle Suzanne Hofstetter. Oubliée, la sagesse de la petite fille modèle née de père lucernois et de mère vaudoise qui fit ses écoles enfantines et primaires à Zermatt. Envolé, le sérieux de l'éducatrice spécialisée qui apportait son aide aux foyers du Pont de la Morge et de Salvan. Gommées, les années d'études en psychologie effectuées à Lausanne et Aix-en-Provence. Avec son mari, Suzanne... met les voiles. Le destin fait signe au couple qui se retrouve (mais oui!) à la barre de l'ancien trimaran "Great Britain III" rebaptisé "Trick" et qui deviendra plus tard "Disque d'or". Floride, Bahamas, Bermudes, New York, les Caraïbes... Pendant deux ans, le voilier s'offre un fabuleux périple.
Retour en Suisse en 1981. Suzanne aide son père à retaper le musée de Zermatt. Elle fait aussi beaucoup de ski. Deux ans se passent jusqu'à ce que le propriétaire de "Trick" lui fasse à nouveau signe. Cette fois, la Zermattoise se retrouve, seule, à la barre. "Trick" mise sur le charter avant de regagner l'Europe. Il y sera vendu en 1983.
L'autorité dont Suzanne Hofstetter fait preuve en tant que skipper n'étant plus à démontrer, la navigatrice se voit proposer le convoyage d'un monocoque de vingt mètres d'Antibes en Polynésie. L'aventure dure plus d'un an. Elle sera suivie d'un nouveau convoyage Europe-Antilles concernant un trimaran de près de trente mètres. "Un monstre" se souvient Suzanne. La "bête" arrivera dans la mer des Caraïbes sans problème.
La Valaisanne se retrouve plus tard en Floride, cherchant du boulot. Soudain, le drame! Un coup de fil lui apprend le décès tragique de sa sœur, emportée par une avalanche sous les yeux de son père. Bouleversée, Suzanne saute dans le premier avion venu. "J'ai décidé de travailler quelque temps à Zermatt pour être près de ma famille. J'ai bossé dans l'hôtellerie." Mais, pas question de rester au pied du Cervin à la morte saison : l'appel du grand large est beaucoup trop fort...
BREAK NECESSAIRE
En 1988, elle fait un break, sac au dos, en Patagonie. "Trois mois de marche, de feux de camps, de vie rude, austère", convient la Suissesse. Qui n'en attaque pas moins l'Aconcagua. Fauchée, elle repart pour le Canada : "Je suis allée planter des arbres. Un boulot très dur mais qui payait bien." Suzanne en profite pour aller grimper du côté des Rocheuses ou s'adonner au kayak.
Juin 1989, nouveau retour au pays. Suzanne propose ses services à Kuoni, comme guide sur le terrain de l'aventure. Pendant trois ans, elle accompagnera des clients au Népal, dans le Sinaï, au Rwanda et au Mali.
En 1991, la Valaisanne pose sa candidature au CICR. Réponse positive. Cours d'intégration. Départ sur le terrain. Au Sri Lanka, tout d'abord, puis en Somalie. Enfin, au Mali. Elle arrive dans ce dernier pays à la fin de graves troubles. Des images de guerre et de misère qu'elle a vues en quatre ans de missions, Suzanne garde le désir profond d'accompagner les gens vers la paix. Elle ne cache pas son coup de cœur pour le Mali: "Je me suis rendu compte que l'acte humanitaire ne résolvait pas tout et que, ce qu'il fallait, c'était ouvrir le nord du Mali aux gens de l'extérieur." Cette ambition, ainsi que sa rencontre avec Hiba le Touareg, vont une fois de plus changer son destin. Suzanne Hofstetter quitte le CICR. Le temps de "Sahara Passion" est venu... |
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LA PHILOSOPHIE DE SAHARA PASSION
C’est ma mission au Mali qui a tracé la voie dans laquelle je m’engage maintenant. A la fin des hostilités, j’ai pleinement saisi l’importance que revêt une aide humanitaire bien comprise. Il faut responsabiliser les gens en les aidant à reprendre des activités génératrices de revenus. Aux pêcheurs, le CICR a donné des filets. Aux agriculteurs, il a remis outils et semences. Un programme vétérinaire a été établi à l’intention des éleveurs, de même qu’un matériel a été proposé à ceux que tentait l’artisanat.
Reste le tourisme. C’est là que Suzanne Hofstetter va intervenir. Ave Hiba bien sûr. Et une poignée de Maliens conscients de l’austère beauté du nord de leur pays. Les hommes et les femmes qui s’investissent dans Sahara Passion aspirent à partager leurs connaissances et leur attachement aux terres, aux espaces et aux valeurs culturelles des régions du nord. Une chose est sûre : ils sont bien décidés à gommer Les mythes dont celui de l’ « homme en bleu » en voie de disparition au profit d’une vision réaliste et constructive.
Voilà pourquoi Sahara Passion suggère au départ de Gao (siège de l’agence), des circuits culture, tradition et art, en 4 x 4, comprenant aussi des déplacement à dos de chameau ou en pirogue. Le tourisme est invité à découvrir la vie des cultivateurs comme celle des pêcheurs ou des artisans. La présence de sites archéologiques permet aussi d’entrevoir d’intéressantes initiatives. Et la visite de campements touaregs laisse augurer de rencontres généreuses. Fêtes traditionnelles, courses de chameaux, voire mariages, figurent au programme.
Pour les sportifs, Sahara Passion organise aussi des méharées de plusieurs jours composées de balades à cheval, de randonnées pédestres dans les environs des monts Hombori. Pour les grimpeurs chevronnés, il existe des voies d’escalade considérées comme difficiles.
Des circuits nature sont également mis sur pied pour approcher les éléphants qui vivent dans le Gourma (rive sud du fleuve Niger) ou observer dans le désert, gazelles, fennecs, chacals et autres prédateurs. Au bord du fleuve on peut encore apercevoir de nombreuses variétés d’oiseaux ou des hippopotames.
Suzanne Hofstetter insiste sur la philosophie de Sahara Passion. « Nous ne visons nullement à nous remplir les poches. Bien au contraire, le jour où il y aura des bénéfices, nous investirons cet argent dans l’éducation. La formation et le perfectionnement auxquels les Maliens aspirent et qui constituent à nos yeux la seule et vraie motivation. »
LE NOUVELLISTE – LE 25 NOVEMBRE 1998 - MICHEL PICHON
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